Le marché immobilier des « banlieues » a connu un boom l’an dernier, la crise sanitaire du Covid-19 incitant les citadins à rechercher plus d’espace et de verdure en dehors de la capitale française.

Les prix de l’immobilier dans les banlieues de Paris ont connu une flambée en 2020 en réponse à la demande croissante des chasseurs immobiliers qui cherchent à s’installer en dehors de la capitale, selon de nouvelles données recueillies.

La tendance se poursuit et contraste avec la baisse des prix à Paris au cours des douze derniers mois.

Le boom immobilier de la banlieue a été promu en grande partie par la pandémie, qui a radicalement changé la vie quotidienne dans toute la France, mais surtout dans la capitale.

Alors que Covid-19 forçait la France à se verrouiller au printemps dernier, les Parisiens ont vu leur ville réduite à l’espace confiné de leurs appartements – notoirement chers et généralement minuscules. Finis les avantages de vivre dans une capitale qui, malgré ses défis, était riche en cinémas, salles de concert, galeries d’art et où la culture des cafés était en quelque sorte une religion.

Quand deux semaines de confinement en mars se sont transformées en deux mois, un nombre croissant de Parisiens ont décidé qu’il était temps de quitter la capitale.

Cette tendance s’est poursuivie tout au long de l’année, entraînant une flambée des prix tant dans la Petite Couronne (la proche banlieue qui encercle le centre-ville) que dans la Grande Couronne (la grande banlieue en bordure de la région).

Si Paris reste de loin la ville la plus chère, avec un prix moyen de plus de 11 000 € par mètre carré, la capitale a en fait connu une baisse nette des prix au cours de l’année écoulée – une évolution extraordinaire de la part d’un marché immobilier qui a explosé au cours de la dernière décennie.

En 2020, les prix de l’immobilier à Paris ont baissé de 0,1 pour cent, selon des estimations, rompant avec une tendance de 9.9 % de hausse enregistrée ces deux dernières années – 31,4 % si l’on regarde sur cinq ans.

En revanche, dans sa banlieue, les prix ont sans exception augmenté sur la même période.

Le Val-de-Marne, un département du sud-est à l’intérieur de la Petite Couronne a connu la plus forte hausse, avec des propriétés devenant 3,9 % plus chères en 2020. La banlieue est l’une des nombreuses banlieues qui ont été aidées par les efforts continus de la capitale pour améliorer les liaisons de transport entre la ville et les banlieues, ce qui, explique par exemple la forte hausse des prix dans la ville de Villejuif (plus 6 % en un an).

« La ville bénéficie de l’effet Grand Paris », faisant référence au plan de transport de la Ville, qui verra « de nouvelles liaisons de transport opérationnelles d’ici trois ans. »

A part les promesses que le trajet domicile-travail sera bientôt une affaire plus facile, les changements de l’année dernière concernant la façon dont nous travaillons a également joué un grand rôle dans la flambée de la demande dans les banlieues.

Le travail à distance est devenu la nouvelle norme en France depuis que le premier confinement est entré en vigueur en mars 2020. Le gouvernement a demandé que tous ceux qui le peuvent, continuent à travailler à 100 % depuis leur domicile afin de réduire les contacts sociaux et donc le risque d’être infecté par le virus. En janvier, ils ont révisé les directives pour durcir les règles alors que le nombre de Covid-19 augmentait.

En conséquence, les Parisiens se sont retrouvés de plus en plus chez eux et ont eu envie de plus d’espace – un luxe que peu de gens pouvaient se permettre s’ils voulaient rester à l’intérieur de la capitale.

Même avec les récentes hausses de prix, les banlieues restent relativement abordables par rapport à Paris.

En Seine-Saint-Denis, un département bien desservi situé juste au nord-est du centre-ville, le prix moyen de l’immobilier est moins de trois fois inférieur à celui de la capitale malgré une hausse de 3,1 % l’année dernière.

Certains quartiers de la Grande Couronne sont même moins chers.

Le prix moyen du mètre carré était estimé à 2 000 € dans l’Oise et à 2 400 € en Seine-et-Marne, les deux départements les plus à l’est de la capitale. Ils ont tous deux vu leurs prix augmenter l’an dernier, respectivement de 1,6 % et de 1,8 %, ce qui reflète une demande croissante de verdure par rapport à la proximité du centre-ville.

Pour certains, les banlieues ont une mauvaise réputation, l’opinion de beaucoup de gens étant colorée par des reportages sur les émeutes ou la criminalité.

S’il est certainement vrai qu’il y a des zones défavorisées et des problèmes sociaux en banlieue parisienne, notamment dans le département de la Seine-Saint-Denis, il y a aussi beaucoup de jolis quartiers.